La médaille...!

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20 mars 2016

Les petits mensonges de Marguerite

Un film assez désopilant (histoire vraie ou conte pour enfants je ne sais pas!) intitulé  "Marguerite", raconte la vie d'une richissime bourgeoise passionnée d'opéra, chanteuse elle aussi. Elle organisait ainsi dans son château des soirées où les plus grands maîtres défilaient. Oeuvrant pour une bonne cause, et parce qu'elle était extrêmement généreuse, personne n'a jamais eu le courage de lui dire qu'elle même chantait affreusement faux. De fil en aiguille, et puisque personne n'avait osé lui dire que ce qu'elle proposait aux tympans humains était une douce horreur, elle décide de se produire en ville. Sans raconter la fin de cette histoire succulente et tragique, le parallèle était tout trouvé pour parler d'alpinisme. Aussi étrange que cela puisse paraître, tout est aussi question dans cette discipline d'honnêteté vis à vis de soi et de ceux avec lesquels on s'engage.

18 févr. 2016

Entraînement hivernal

Après le beau créneau de Noël où il était possible de partir en montagne et grimper plusieurs jours sans stress, les fenêtres météo se font plus rares pour Janvier et Février. Quelques journées de grand beau sans vent mais pas l'anticyclone que tous les grimpeurs attendent pour se lancer dans des hivernales où plusieurs bivouacs sont nécessaires. Il faut donc meubler et si possible progresser en mixte avant de se lancer dans des projets plus sérieux.

Petit tour à l'ICE pour reprendre un peu l'escalade en hiver. Ici les voies mixtes du sombre héros qui permettent de grimper même si le cigare n'est pas formé. Copyright Ulysse Lefebvre


Pour cela, vivre à Chamonix permet de se pencher plus amplement sur le problème. La Rive Gauche d'Argentière est un excellent terrain d'entraînement où chaque mètre gratté apporte l'expérience du mixte tel qu'on peut le retrouver en haute montagne.

Le cul en arrière, une technique à n'utiliser qu'en dernier recours. Ici juste avant le drame!

Nous grimpons avec Didier Jourdain et Pierre Labbre la voie "Nightmare Rex" qui est une belle mise en bouche avec une escalade qui demande pas mal de sa personne. En l'occurrence je découvre à mes frais que grimper avec des leashs n'est pas conseillé dans ce terrain. Une chute plus tard je casse donc ma pioche qui a eu la mauvaise idée de rester agrippée à la paroi(!) alors que la pesanteur m'a vite rappelée vers le bas. Facteur 2 sur mon leash et un piolet en moins... Peine immense et retour au relais où je devrais m'employer pour finalement grimper en libre ce mixte retord de 12m avec les piolets de Pierre.


29 déc. 2015

Noël au balcon

Le 24 Décembre nous partons avec Maël Baguet pour un beau voyage en montagne. Nous choisissons de grimper la voie Cassin en FN des Jojos. Parcourir cet itinéraire historique et magnifique en été sous 10 cordées avec un isotherme à 4500 ne nous motivant qu'à moitié, nous optons donc pour le créneau habituellement utilisé pour s'étouffer de dinde aux marrons...

Départ de Chamonix le 24 par le premier train du Montenvers, à 10h. Après une approche ponctuée par l'explosion en vol d'une des fixations de skis d'approche de Maël, nous franchissons la rimaye à 16 heures. Cet horaire ne nous laisse, à cette époque de l'année, qu'une petite heure avant le crépuscule. Nous grimpons environ 200 mètres et déjà l'atmosphère des Jorasses nous saisit. Quelle chance de grimper ici par cette météo clémente. Aucun risque objectif, un créneau béton assuré par Yan Ghizendanner en personne et surtout une face juste pour nous!


22 nov. 2015

Alpin intégriste ou alpiniste intègre??

Dans l'engagement, par le dépassement de soi, sous couvert d'explorations ou par recherche du plaisir. Sans tomber dans le travers bobo et consensuel du lecteur de Télérama, on pourrait aisément dire que l'alpinisme se retrouve un petit peu dans tout ça à la fois. Une sorte de "juste milieu" de toutes ces choses dans lesquelles on pioche à chaque instant de façon différente selon ce qui fuse, se consume, ou coule en nous. Partir à l'autre bout du monde avec la prétention de grimper une des plus grosse montagne du monde... C'est à coup sûr un jeu exaltant! S'arracher la peau en coincements inespérés dans les saignées d'une roche compacte, pour la beauté du geste... C'est forcément un jeu transcendant! Peut être même y a-t-il une cohérence lointaine entre ces pratiques qui, de but en blanc, peuvent s'opposer. D'un côté on se perd dans l'infinité d'un massif colossal. On se sent fourmi, on parle de dénivelé en kilomètres, de superlatifs en cascades. On est sur une planète lointaine et c'est génial. De l'autre on effleure d'un verrou de doigt la technique, on parle centimètres, légèreté. Quand tout se résume à la taille de votre poing, de votre main... Chaque ligne revêt alors une originalité et un caractère particulier! A la technique s'ajoute l'engagement et le jeu n'en devient que plus absorbant. Cet engagement se retrouve toujours, tout aussi vivant. Pour un dernier alien un peu trop bas, ou un sommet bientôt si proche. Le souffle court, ivre d'adrénaline ou grisé par l'altitude.

Alors qu'en ces heures violentes notre pays entier palpite, votre univers, pour une poignée de minutes égoïstes, se focalise sur le simple choix d'un verrou, sur le prochain pas dans la neige. Tout se simplifie dans le souffle... tout se contredit dans la tête!

Dans la fissure de Ma Dalton avec Reno Fine
 Photo Antoine Pêcher
A coup sûr cet entraînement passé, avec comme ligne de mire une grosse montagne, de grands dangers, nous a poussé à nous dépasser. Dans toutes les directions il a fallut creuser pour finalement échouer à l'étage 0 de notre projet. Mais les bases ont été posées du mieux que nous avons pu. C'était surtout un objectif que seuls nos "maîtres" ont atteint pour l'instant. Un but mythique qui murira sûrement pendant quelques temps avant que, personnellement, je ne m'y confronte à nouveau. L'occasion de revenir sur cet entraînement que nous avons voulu très complet. 

Comme le projet était technique et en très haute altitude, il fallait progresser autant en force qu'en endurance. C'est pourquoi, même si nous avons tous fait au groupe une impasse sur l'entraînement en falaise, les séances de force nous ont permis de compenser ces sorties que l'on pensait jusqu'alors à la base de l'entraînement, incontournables. En raccourcissant les séances, on a finalement misé sur la qualité. A ce sujet, la vidéo de Jan Hojer, compétiteur international de bloc, en dit long sur la nécessité d'un entraînement très qualitatif :





Même si cet exemple est extrême, avec un grimpeur ayant derrière lui un passé certainement rempli de volume où il a pu développer une technique adaptée, nous avons découvert à quel point les séances de force en gymnase sont importantes pour un projet qui parait aux antipodes. C'est donc en focalisant sur la musculation spécifique sur le haut du corps, en biceps notamment, que nous avons pu supplanter l'escalade en falaise par des séances beaucoup plus efficaces. Pour nous, il n'était pas question de tenue de prise puisque nous aurions a priori toujours deux piolets au bout des doigts. Un renforcement général à base de cross fit pour les épaules et les abdos et un développement de la force max en traction. Comme ce grimpeur s'entraîne seulement 12h par semaine (ce qui paraît peu au regard d'autres grimpeurs de haut niveau) il est important de se focaliser sur l'efficacité. Et effectivement, deux heures d'entraînement intense vaut toutes les trashs vécues à la journée en falaise...

Avant de partir nous nous pré acclimatons au refuge des Cosmiques et nous en profitons pour se faire plaisir dans les fissures classiques qui pullulent dans le coin. L'occasion de mettre à profit ces séances sordides dans un cadre plus sympathique que celui d'une salle embrumée à la magnésie.

Dans le splitter de l'Enfer du Décor à l'aiguille
Photo Cyril Duchêne
Après notre retour du Népal, l'envie de retrouver le plaisir de la grimpe est le plus fort. Avec Didier Jourdain, nous partons pour quelques jours dans la Mecque italienne de la renfougne. Direction le Val Formazza et les célèbres falaises de Cadarese. Entre deux cafés serrés et les incontournables douceurs de l'auberge Monte Giove, nous nous confrontons à la technique du verrou de doigts dans la magnifique fissure de "The Doors", un 8a coriace.

Seb Ratel - The Doors
Photo Reno Fine
Reno Fine - The Doors
L'enchaînement en Pink Pointing correspond à mon niveau max et il m'aura fallu 10 montées réparties sur 4 jours pour clipper enfin la chaîne de cette superbe ligne. Grimper dans une voie comme celle ci est vraiment un plaisir total. Quand la première fissure vient mourrir sur le crux, une seconde renait et vous mène jusqu'au sommet des 35 mètres de conti de cette base... Esthétiquement parfaite, elle appelle cependant un parcours plus propre,en Red Pointing, c'est à dire en posant ses protections durant l'ascension, trop dur pour l'instant pour moi! Cette pratique demande plus de ténacité et plus de relâchement pour arriver à concilier grimpe et engagement dans son niveau max. Bref, il faudra y retourner. D'autant plus que d'autres morceaux d'anthologie s'égrainent dans le coin. "Gracie Rickie", "Mustang", "Turkey crack" ou bien encore "Bookcake". De quoi jammer pour quelques temps dans ce paradis de le fissure!

Enchainement de The Doors
Photo Didier Jourdain
Merci à Didier pour sa patience et à Renaud Fine pour ses photos.

17 nov. 2015

Projet Annapurna FS 2015

L'expé 


Le haut de la Face Sud

Cette expé à la Face Sud de l'Annapurna est un projet qui a germé peu après notre retour du Shisha au Printemps 2014. L'adhésion a été rapide pour notre équipe, compte tenu de notre réussite toute récente. Après un premier échec en 2013, nous nous sommes rapidement motivés pour repartir, quelques mois plus tard. Dans ma tête il n'y avait pas de questions,  je voulais vivre ma première grosse aventure, de manière égoïste, tout comme je souhaitais ressentir la communion magnétique qui soude une cordée dans ces hautes altitudes. J'avais seulement dans mes tripes une motivation sans faille pour affronter le froid mais aussi l'altitude et tout ce qui en découle. La peur d'accéder à cette zone de la mort dont tout le monde parle s'est vite transformée en un challenge personnel. Je voulais aller voir, peu importe la réussite ou l'échec possibles. La confiance en mes coéquipiers étant telle, je pouvais vivre cette montée en terrain inconnu comme un jeu. "A tout instant dans la montagne, si je peux descendre en sécurité, alors je peux avancer un pas de plus." 

Bivouac diurne dans le bas de la FS de l'Annapurna 
Le repérage. En direction de la rimaye de l'Annapurna...